16 mars, départ à 9h30 de Noisy-Champs en RER pour le départ de l'Ecotrail à Saint Quentin en Yvelines après une brève escale à la Défense. Court instant qui me permettra d'avaler un petit plat de pâtes et une pomme à deux heures du départ.
A Saint Quentin la navette arrive assez rapidement pour nous emmener en quelques minutes sur le lieu du départ. Je vise aussitôt une table de pique-nique un peu à l’écart qui n’est occupé que par un trailer. Tout en me préparant je commence à discuter avec Jérôme qui de fil en aiguille m’annonce qu’il a fait l’ultra Pas du Diable en 2018 et qu’il remet ça cette année. Comme il s’agira de mon premier ultra fin avril je lui pose pas mal de questions et j’apprends beaucoup. Presque prêt pour partir je me demande ou mettre le brassard réfléchissant et le contenant pour les déchets. Deux trucs dont je ne me sers jamais mais obligatoires. Quand à l’éco-tasse, j’ai fait l’impasse car les flasques suffisent. Je dépose le sac dans le camion et vais me placer dans le sas à 20m environ de la ligne. Il reste un petit quart d’heure à attendre. Et qui sort enfin 5 minutes avant le coup de sifflet : le soleil ! Je range ma veste de pluie dans mon sac. On est prêt.
IMG-20190316-WA0015.jpeg Le départ est tranquille, on fait attention aux premiers hectomètres chaotiques et dangereux pour les chevilles puis j’adopte un rythme de 5’30 au kilo. C’est peut-être un peu rapide mais je suis à l’aise et je me fais dépasser par un nombre incroyable de trailers. Ça ne m’inquiète plus, au contraire, je les reverrai dans 15 ou 20 km. Je dépasse une puis deux joëlettes puis un trailer non voyant et son guide. C’est intéressant d’entendre les paroles du guide anticipant les obstacles, le type de terrain, les changements de direction. Bravo !

14:22 Buc - Château du Haut-Buc 10,65 km/h class. 621 temps de course : 02:08

Le premier ravito de Buc, plein comme un œuf, apparaît avec un changement de lieu puisque qu’on se désaltère devant une belle demeure en lieu et place de l’école. Deux minutes pour remplir la flasque de 500ml que j’ai vidé sur la première portion, attraper une figue et un bout de banane avant de repartir le plus vite possible. J’ai déjà pris précédemment une barre de pâtes d’amande. Après Buc nous partons pour 24km de petites montées et descentes. Je rencontre mon premier et dernier problème de la course. Kilomètre 38, après avoir mangé un tiers d’une barre énergétique je sens des problèmes gastriques. La pause s’impose. Heureusement on est au milieu de la forêt et que j’ai pensé à prendre deux mouchoirs. S’ensuit un passage à vide qui durera 8 km. Les douleurs au ventre sont parties mais l’énergie également. Je pense avoir perdu environ 30 minutes entre cette pause forcée et le km 46 du deuxième ravito de Meudon. Alors je m’occupe comme je peux le temps que la forme revienne : dans une grande allée j’ai littéralement ramassé un petit bonhomme de 3/4 ans à quatre pattes dans la seule flaque d’eau boueuse du coin et sa draisienne couchée également dans l’eau. Ses mains sont très sales. N’ayant rien pour les nettoyer, je lui propose de retrouver ses parents, que je ne vois pas parmi les promeneurs, afin de se faire aider. Il commence à partir sans son vélo que je lui tends. Impossible de le lui faire prendre, je pense qu’il ne voulais pas salir les poignées ! Normal. Je finis par voir une maman au loin pas pressée du tout. Je dis au-revoir à mon grand garçon, il me reste un petit 34km sur le feu quand même ! Quelques kilomètre plus tard une petite fille courant dans une descente tombe quelques mètres sur ma gauche. Elle ne pleure pas, pas de bobo mais, même si je le leur demande gentiment, les deux grands frère et sœur juste derrière elle ne semblent pas vraiment emballés à l’idée de l’aider à se relever.

17:30 Château st Philippe à Meudon 7,82 km/h class.568 temps de course : 05:15

Enfin Meudon avec un ravitaillement uniquement composé d’eau. Je bois presque un litre et je repars doucement. Je profite de cette méforme pour appeler Sophie et prendre quelques photos tout en marchant quelques centaines de mètres. J’apprends que Julie a réussi sa première compétition de VTT de l’année en finissant 2ème. Je vois sur le livetrail que Raphaël a fini le 45km avec un beau temps de 4h51. Danijel ne devrait pas tarder. C'est en tout cas la première fois que j'allume le téléphone en course et que les conditions météo le permettent.
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Et tout à coup ça finit par repartir. Le tronçon jusqu’à Chaville est agréable. Les allées boueuses de 2018 font place à des sentiers quasiment secs et rapidement avalés. J’ai du mal à reconnaître les descentes ultra-glissantes de l’an passé.

18:49 Chaville - Parc Mare Adam 7,66 km/h class.542 temps de course : 06:35

Chaville arrive vite car des modifications de parcours ont ajouté un km avant Meudon et l’ont donc retranché avant Chaville. Je vide une flasque cul-sec ainsi qu’une soupe plus lentement tout en prenant un gel énergétique. Je n’arrive plus à manger de barre énergétique depuis quelques trails, c’est un grand mystère pour moi. Je compense donc par de l’hydrixir dans une des flasques et des gels. Un petit vent frais arrive, le soleil est de plus en plus bas, la nuit va bientôt tomber. Je m’abrite dans une tente le temps de finir mon bol et c’est reparti. Il reste environ 23km mais après Chaville la course change : on commence à penser à la fin. Le plus dur est fait et il fait encore jour. L’année dernière j’avais sorti la frontale avant Chaville. J’ai environ 40 minutes d’avance sur mon temps précédent, c’est bon pour le moral. Je connais bien les sentiers car je les parcours pour la quatrième fois, deux fois sur le 30km en 2014 et 2015 et une fois sur le 80 en 2018. Le plus dur est maintenant d’enchaîner de longues séquences de course à pied, sans dénivelé pour marcher et souffler un peu. En traversant une route, je me fais enguirlander par deux « gentilles » bénévoles alors qu’un camion de la sécurité civile s’est arrêté pour justement me laisser passer. Oui je ne suis pas prioritaire mais le camion s’est arrêté... Bref j’ai tort, je fuis la civilisation pour retourner au plus vite dans ma forêt. Je finis par mettre la lampe mais ne l’allume pas. Les chemins sont larges sans trop d’obstacle. J’aime courir de nuit avec une faible luminosité. L’organisation a très bien balisé le parcours cette année avec de nouvelles balises rouges et en partie réfléchissantes à partir de Meudon. L’entrée du parc de Saint Cloud s’enchaîne bien, on court souvent à deux ou trois jusqu’à ce que l’un de nous lève le pied et ne se fasse distancer un moment puis rattrape le petit groupe. Avec plaisir nous arrivons devant la montée du ravitaillement de Saint Cloud. Dans cette montée un accompagnateur à vélo nous dit tout le mal qu’il pense de cette course trop plate, trop longue, trop… Bref je lui dit gentiment d’éviter de nous démoraliser avant d’arriver sur les quais.

20:20 Domaine National St-Cloud 7,94 km/h class.458 temps de course : 08:05

500 ml d’eau au ravitaillement, c’est le tarif aujourd’hui pour bien s’hydrater suivi d’un dernier gel et ça repart. Les 11 derniers kilomètres se feront en 3 ou 4 portions courues entrecoupées de marche rapide. J’ai perdu 14 places sur ces quais de Seine monotones quoique plus agréables esthétiquement depuis la fin des travaux. On enchaîne la remontée sur les quais puis l’île aux Cygnes, le passage sur le pont Bir-Hakeim sous la voie du métro 6 et la redescente en bord de Seine avant le dernier escalier du quai Branly. On retrouve un dernier souffle pour accélérer, contourner la dame de Fer par la droite et passer l’arrivée devant le pilier Sud de la tour Eiffel.

21:37 Arrivée Parvis Tour Eiffel 14,25 km/h class. scratch : 472 class. V1H : 183 temps de course : 09:23:08

La montée jusqu’au 1er étage ne fait plus partie du chrono pour des raisons de sécurité, aussi il me faut 5/6 minutes pour effectuer cette ascension avalée en 3 minutes en 2018. La pression est retombée et le corps ne veut plus faire grand chose. J’ai le sentiment d’être plus fatigué que l’année passée, sûrement à cause d’une meilleure allure et donc un temps bien inférieur de 9h23 pour 10h34 en 2018. L’année dernière nous avions aussi eu très froid du 30ème kilomètre à la fin. Cette année le vent frais m’a surpris au bas de la tour jusqu’au 1er étage et j’ai fini par mettre ma veste, un peu tard, pour la 1ère fois de la course. L’arrivée au 1er étage est sans conteste un très bon moment de par le lieu unique associé à la fin d’une longue course récompensée par une jolie médaille, en bois, et le t-shirt finisher, aux couleurs de l’ONF cette année, et une bière forcément bonne tout comme l’ambiance.
IMG-20190316-WA0037.jpeg L’écotrail est une belle course populaire, bien organisée, avec un respect de l’environnement qui fonctionne malgré le nombre important de trailers. Je me tourne maintenant vers mon prochain trail, l’ultra Pas du Diable à Saint Jean du Bruel dans l’Aveyron, 126km et 7000m de d+. C’est un objectif très ambitieux, je ne suis pas sûr de le finir mais c’est certainement ce que l’on recherche en se lançant ce type de défi.