Trail

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vendredi 2 août 2019

Andorra ultra trail Vallnord - MITIC - 118km - 8800d+

10ème édition de l'Andorra Ultra trail de Vallnord au départ d’Ordino. Cinq courses sont au programme : le marathon de 42km, le Celestrail de 83km, le Mitic de 110km et 9700 de d+, la Ronda del Cims de 170 kilomètres et 13 000m de d+ et l’Euforia de 233 kilomètres et 20000m de d+ par équipe de 2 traileurs indissociables. Je me contenterai pour ma part du MITIC, objectif déjà très ambitieux pour moi, il s'agit du trail le plus difficile auquel j'ai pris part. L’entrainement des dernières semaines s’est bien passé malgré quelques petites douleurs passagères. Une tendinite à l’insertion du tendon d’Achille que je croyais partie fait du yoyo mais ne m’empêche pas de m’entrainer. Le volume global de course à pied reste néanmoins inférieur à celui d’avant le trail du Pas du Diable du 27 avril. Même si la récupération de ce trail s’est bien passé il doit tout de même rester un peu de fatigue. Un trail de préparation entre les deux ultras permet de faire une longue sortie : le trail du Mont d’Or à Métabief avec 53km et 2700m de d+ en juin. Mais le terrain est complètement différent de ce qui nous attend à Andorre.
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Avec les noms des sommets, ravitaillements et bases vie : profil_mitic.jpg

Le départ est fixé à 22h vendredi 19 juillet d'Ordino, un petit village Andorran. Je pars de Toulouse jeudi après-midi en laissant Julie chez mes parents et je passe la nuit dans un camping à deux kilomètres du centre d’Ordino. Petite promenade le soir pour repérer les lieux et notamment le centre du village qui ne respire plus que trail. Même la ligne de départ et d'arrivée est en pente du bas vers le haut du village.
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Il fait bon, ni trop chaud ni trop froid. La météo s'annonce bonne avec des risques d'orage mais qui ne se confirmeront pas. Vendredi l'attente du départ dans la soirée est plutôt longue. Il fait chaud, j'essaie de me reposer sous un arbre et de bien boire mais je n’arrive pas à m’endormir. Dernière vérification du matériel avec d’ailleurs beaucoup de matériel pour un ultra de montagne. Sa gestion est justement un point clé et je dois encore faire des progrès dans ce domaine. Enfin vers 17h je descends en voiture à Ordino, tente de trouver une place de parking sans succès. Les traileurs d’Euforia et de la Ronda ont tout pris. Je remonte doucement jusqu’à en trouver une à environ un kilomètre du centre le long de la route que nous prendrons au départ. Après avoir cherché mon dossard, j'attends le briefing français-anglais qui suit le briefing espagnol-catalan.
20190719_180030.jpg Cette présentation, très détaillé, ne nous donne pas beaucoup d’informations nouvelles mais confirme que la météo sera bonne, qu’il faut néanmoins conserver tout le matériel obligatoire et précise deux ou trois endroits où il faudra faire attention à notre sécurité. La présentatrice dira d'ailleurs que la Margineda et une première base vie compliquée pour les coureurs car succédant à une grosse descente et précédent une montée longue et difficile. Je m’en rappellerai plus tard. Puis tout s'enchaîne, je dépose les deux sacs pour les bases vie et le sac pour l'arrivée dans la zone dédiée et je retourne à la voiture. Je prends un dernier repas composé de riz et de thon puis je me prépare en essayant de ne rien oublier. Je discute un peu avec un couple qui participera au Celestrail dont le départ aura lieu à minuit. Puis retour au centre sur la zone de départ. La concentration des coureurs est de mise mais aussi de beaucoup de bruit autour du centre avec deux speakers qui animent bruyamment la grande rue d’Ordino. C'est l'heure de se demander ce qu'on fait ici, est-ce bien raisonnable, …, mais c'est un peu tard. On rentre dans le SAS de départ, l'ambiance est de plus en plus chaude et bruyante. Le feu d'artifice éclate et c'est parti par la descente de la grande ruelle puis on tourne à droite et ça grimpe.
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Km 0, Ordino – 22h00 :

Les premiers kilomètres sont faciles sur un faux plat montant avec beaucoup de spectateurs qui suivent la course à pied à vélo ou en voiture.
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De gros pétards éclatent derrière nous. C'est le moment de ne pas s'emballer et de rentrer tranquillement dans le trail en adoptant un rythme raisonnable.
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Puis tout à coup on tourne à gauche sur une passerelle au-dessus de la rivière, on traverse la route et on prend encore à gauche à flanc de montagne et là ça grimpe vraiment. Le peloton commence à s'étirer, les pourcentages sont tout de suite relativement importants jusqu'au Sedomet et au Coma Aubosa chacun suivi d’un petit replat puis de l'ascension finale vers le pic de Comapedrosa à plus de 2900m. J’ai du mal à encaisser la première grosse montée et j’ai l’impression d’être rapidement dans le rouge. Au bout de deux heures nous entendons le feu d’artifice et les pétards du départ du Célestrail au loin dans la vallée. Avant l’ascension finale nous arrivons au premier ravitaillement au plat d’Estany.

Km 15,6, Pla de l’Estany – sam. 1h03, temps de course. 3h03 :

Ce premier ravitaillement n'est pas facile à négocier du fait du nombre de trailers pressés de continuer au plus vite. Mais l'organisation est bien faite et, après avoir refait le plein d’eau et un peu mangé, je repars rapidement vers l'ascension du pic de Comapedrosa. Elle est relativement rude, sans danger, mais avec des pentes aux pourcentages redoutables. Minuit passé, il commence à faire froid en altitude mais pas de problème avec la veste de pluie. Comme prévu j'ai du mal à m’acclimater à l'altitude au-delà de 2000 mètres et je dois bien vite ralentir le rythme pour mieux respirer. C'est une première ascension qui préfigurera la plupart des suivantes avec une succession de montées assez longues et invisibles du bas. On a donc souvent l’impression d'être enfin sur l’ascension finale alors qu’on découvre une énième montée, dur pour le moral. On bascule enfin, la descente se fait relativement bien, car pas trop technique, jusqu'au refuge de Comapedrosa.

Km 22.2, Refugi del Comapedrosa – sam. 3h10, temps de course. 5h10 :

Le ravitaillement est le bienvenu avec une bonne soupe et des vermicelles. Le refuge sera suivi d'une portion relativement facile sur une dizaine de kilomètres hormis sur un bout de piste de ski très raide avec un sentier droit dans le pentu pour arriver au refuge de Botella. Le jour se lève un peu avant le col et j’enlève ma frontale avec plaisir. J’ai fait l’erreur de mettre la frontale sur ma casquette à l’envers et j’ai une douleur sur le front assez vive du fait d’un l’élément de serrage de la casquette intercalé. Ce sont de tout petit détail qui ont parfois des conséquences importantes après 6 ou 7 heures de course.

Km 32.3, Coll de la Botella – sam. 6h38, temps de course. 8h38 :

La forme n'est pas au mieux du fait de l'altitude et peut-être de l'alimentation un petit peu négligée dans la descente. Je traîne aussi depuis quelques jours un rhume qui m’irrite la gorge et courir dans la montagne n'aide pas à soigner tout ça. Le refuge de Botella est suivi d'une portion plate d'environ cinq kilomètres mais qui est en fait une succession de faux plats montants et descendants avant d'entamer rude montée jusqu'au sommet du Bony de la pica. Commence alors ce qui sera mon enfer, six kilomètres de descente raide et technique mais sans danger. Quelques passages sont chaînés afin de s’accrocher et descendre sans danger. Il me faudra 3h pour effectuer cette descente et arriver enfin à la base vie de la Margineda au kilomètre 44. La forme n'est toujours pas là et une petite voix me dit au fil des kilomètres que la fin du travail se fera certainement à la base vie. Et en trois heures on a le temps de s'en convaincre ! C'est donc complètement détruit que j'arrive à la base vie et que j’annonce à la responsable du contrôle à l'entrée que je ne repartirai certainement pas. Mais je vais tout de même essayer de me reposer avant d'abandonner.

Km 46.5, La Margineda – Base vie – sam. 10h37, temps de course. 12h37 :

La base vie et une salle de sport spacieuse avec pas mal de coureurs assis, couchés avec parfois une assistance. Je m'assieds au milieu de la salle et reste prostré pendant au moins cinq bonnes minutes sans savoir quoi faire. Et là j'allume mon téléphone et j'échange avec Sophie sur WhatsApp en lui expliquant mon état de fatigue et mon envie de stopper ici. En même temps que j'écris mes messages j'ai des larmes de déception dans les yeux. Je fais de même sur le groupe WhatsApp de Macadam Gournay sur lequel je vois que Raphaël a longuement détaillé ma course et que beaucoup ont envoyé des encouragements. Les encouragements à continuer de Sophie et des amis de Gournay vont m'aider à reprendre progressivement pied. Je commence par manger des pâtes, boire. Il est possible d'aller voir l’ostéo en attendant un peu. Je vais prendre une petite douche et commence à revivre. L’ostéo fera des miracles en décontractant le dos et la plupart des muscles des cuisses pendant environ 40 minutes . Je prépare ensuite mon sac pour la suite, je me change presque entièrement. J'envoie encore quelques messages pour rassurer tout le monde et après avoir refait le plein d'eau c'est reparti pour la montée jusqu'au col de Bou mort.

Km 46.5, La Margineda – Sortie de la base vie – sam. 12h17, temps de course. 14h17 :

Il est midi et demi à 900 mètres d'altitude, c'est le moment le plus chaud de la journée et la montée sera longue. Le moral est néanmoins revenu et une autre course commence. Je marche pour m'économiser et je croise une traileuse qui a déjà fait le MITIC l’année passée mais qui rencontre des problèmes de digestion. Elle me confirme que la montée sera difficile mais tant pis j'ai décidé d'y aller. L’ascension commence d'abord dans une forêt qui nous fera du bien avec une pente très raide et de nombreux virages. Les passages au soleil brûlent et les flasques se vident progressivement. Heureusement au bout de quelques kilomètres une fontaine, annoncée par des randonneurs qui descendaient, nous permettra de nous rafraîchir et de refaire le plein. Nous avançons à 4 ou 5 trailers à des rythmes différents mais en se dépassant très souvent. Je discute un peu avec un couple venant des Dombes dans l'Ain. Eux aussi manquent de dénivelé dans leur région d’entraînement. On avance à petits pas mais on arrive difficilement à s'économiser tant le pourcentage de la pente est élevé. Cela va durer environ 3h avant d'arriver à un premier refuge sans ravitaillement mais à côté duquel coule une petite rivière rafraîchissante. Une heure plus tard un dernier raidillon nous permettra d'arriver au col de Bou Mort au sommet duquel je ferai une petite vidéo panoramique que j'enverrai aux amis.

Montée de 1600 de d+ pour une durée de 4h. Une petite descente nous amène alors rapidement au refuge de Claror.

Km 57.2, Refugi de Claror – sam. 16h27, temps de course. 18h27 :

Malgré ma tentative je n'ai pas pu vider le refuge de ses victuailles, uniquement parce qu'il était bien achalandé, mais j'ai fait un très gros repas avec beaucoup de bonnes choses : des sandwichs au jambon de pays, au fromage, des pastèques, des melons d’eau, des cacahuètes, des amandes et des brioches avec quelques carreaux de chocolat. Je m'assieds une dizaine de minutes et enlève mes chaussures car les pieds commencent à chauffer. Puis c'est reparti pour le passage le plus agréable du trail avec une succession de faux plats, de petites rivières et de paysages magnifiques. Je retiens le conseil des amis sur WhatsApp et essaie de faire des photos régulièrement.
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S'ensuit une rude première montée pour arriver au Collada Maïana et une descente relativement technique et sinueuse avant d'attaquer la montée vers le Collada Pessons en s'arrêtant au refuge d’Illa au kilomètre 68. Je me souviens bien de cet endroit pour avoir débarrassé le trailer qui me précède de trois taons furieux collés à ses jambes. Ces bestioles pénibles nous accompagneront quelques centaines de mètres.
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Km 68.3, Refugi de l’Illa – sam. 18h24, temps de course. 20h24 :

Le refuge d’Illa se trouve au pied d’un grand et magnifique lac du même nom au cœur d’un cirque de montagnes splendide. Ce grand refuge paraît quasiment neuf. C’est certainement l’endroit où je souhaiterai revenir en famille. J’enlève à nouveau mes chaussures, un peu trop serrées, le temps du ravitaillement. Puis remise en route vers le Collada sur une montée à nouveau « droit dans la pente », pas trop technique, mais usante physiquement.
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Dans cette montée je croiserai un espagnol de Barcelone, Dail, et je ferai un bon bout de chemin avec lui. Nous faisons quelques photos au sommet pendant que le soleil se couche sur les crêtes, le paysage est splendide avec des jeux de lumière sur des montagnes escarpées à perte de vue.
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Il fait encore jour ce qui nous permet de démarrer la descente vers la base vie de Grau Roig relativement facilement malgré la technicité du terrain granitique. C'est en effet un enchevêtrement de roches de toute taille qui nous font progresser très lentement. La forme semble revenue et j'en profite pour avancer à un bon rythme toujours en marchant.
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La nuit noire arrive et je continue à contourner les rochers à la frontale. Nous contournons un beau lac dans ce dédale interminable de cailloux avant arriver sur un chemin droit et descendant d'environ 500 mètres de long qui nous mènera à la base vie.

Km 77.3, Grau Roig – Base vie – sam. 23h00, temps de course. 25h00 :

Après une douche froide mais qui réparatrice, je prends un repas complet et me repose. Avec Dail on programme un départ pour minuit et demi. La salle de la base vie est plus petite qu’à la Margineda et le bruit n’aide pas à se reposer. Il n’y a qu’un seul ostéo très occupé et je décide de ne pas aller le voir. Peut-être une erreur.

Km 77.3, Grau Roig – Sortie de la base vie – dim. 0h30, temps de course. 26h30 :

Mon ami Dail et moi partons ensemble et nous commençons à grimper sur un champ composé de mottes d'herbe relativement désagréable et droit dans la pente. Cette portion commence par de longues lignes droites montantes jusqu'au pic Maïa où nous retrouvons les traileurs de la Ronda del Cims avant d'entamer une descente d'abord raide et technique puis plus facile vers Incles. Il doit être 3 ou 4h du matin et la fatigue commence à se faire sentir. Je m’assieds un instant sur le bord du sentier et deux trailers me demandent si ça va en me dépassant. Tout va bien, j’irais juste faire une bonne nuit dans un bon lit si je le pouvais. Ou même ici dans l’herbe et les cailloux si j’avais le temps et l’assurance d’arriver à repartir. Je repars rapidement derrière eux afin de ne pas m’endormir pour de bon.

Km 89.9, Vall d’Inclès – dim. 4h09, temps de course. 30h09 :

Après m'être restauré je prends un café pour la première fois. Je n’ai pris aucun café ou thé dans le mois précédent le trail pour justement en sentir l’effet à ce moment. Cela avait marché pour le Pas du Diable. Je repars pour l'avant-dernière montée qui s'avérera être une des plus difficiles avec une première approche du Cresta Cabana Sorda par la droite puis une longue montée jusqu’à ce qui apparait en bas comme le sommet mais qui n’est en fait d’un premier col. S’ensuive une bascule un petit replat et une longue montée très raide droit dans la pente jusqu'au sommet. Le café me permettra d'être en forme pendant une bonne heure puis un contrecoup me fera ralentir fortement. Je me fais pas mal dépasser dans cette portion descendante car je commence à avoir des douleurs à l'arrière des cuisses au-dessus des genoux. Le soleil s'est levé depuis une heure ou deux et je ne peux pas courir où très peu. J'arrive un peu sonné au refuge de Coms de Jan très fatigué mais comme vient de me dire un signaleur au dernier sommet : « si tu es arrivé jusqu'ici tu arriveras jusqu'au bout ».

Km 98.4, Refugi de Coms de Jan – dim. 7h46, temps de course. 33h46 :

Effectivement à ce stade je n'ai plus aucune envie d'arrêter mais d’arriver au plus vite. J'essaie de manger, de bien boire, je reprends un café et c'est reparti pour la dernière ascension jusqu'au Collada Meners. Se dire que c’est la dernière ascension, la dernière descente, le dernier refuge fait beaucoup de bien. J’attendais ces moments depuis la base vie. Il fait de plus en plus chaud sur une pente très raide. La bascule au Collada Meners vers la dernière descente sera un grand soulagement également mais les douleurs des cuisses ne me permettent plus de courir. Ceci va rallonger la dernière ligne droite et me faire perdre environ une heure. Une dizaine de trailers me dépasseront au début de la descente très raide puis je ne verrai plus grand monde jusqu’à l'arrivée.

Km 107, Refugi de Sorteny – dim. 11h29, temps de course. 37h29 :

Au refuge de Sorteny je discute avec un membre de l'organisation qui a reconnu mon t-shirt du marathon du Montcalm qu'il a fait deux ans auparavant. Je lui demande combien de kilomètres il reste jusqu’ à l'arrivée mais malgré plusieurs questions similaires je n'ai jamais eu de réponse claire. Deux kilomètres pour arriver à un chemin interminable - effectivement il l’était - puis un autre chemin puis le chemin qui mènera jusqu’à Ordino. Il restera en fait environ 11 kilomètres de descente sous le cagnard avec parfois des escaliers, des rondins de bois, des cailloux. Je les cite car ils m’ont fait bien mal aux cuisses et aux plantes des pieds qui commencent à s'échauffer. Plusieurs ampoules se font également sentir à chaque pas. Quelques coureurs de la Ronda me dépasseront mais il faudra attendre les 500 derniers mètres pour voir un trailer du MITIC au loin derrière moi. Je me remets à courir , je n'ai plus envie de me faire dépasser à cet endroit et après l'ultime montée c'est enfin le passage sous l’arche d’arrivé à Ordino.
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Km 118.5, Ordino – dim. 14h13, temps de course. 40h13 :

Nous sommes quatre à être arrivés ensemble, deux du MITIC et deux de la Ronda del Cims et l’ambiance est chaude. Seule une bière glacée parviendra à nous rafraîchir un peu. S'ensuivront une douche, un passage chez le podologue et l’ostéo, un bon repas avant de redescendre à Toulouse en passant par le Pas de la Casa. 190ème sur 224 trailers arrivés. 224 arrivés sur 454 partants. Le temps final d’une quarantaine d’heures n'est pas brillant mais je suis vraiment content d’en avoir terminé, ayant été à deux doigts d'abandonner à la première base vie. Le trail a été très dur, le plus dur que j’ai couru jusqu’à présent et je n'ai pas pu profiter pleinement de tous les moments. J'ai dû serrer les dents de nombreuses fois mais j'ai découvert des lieux magnifiques à revoir plus tard en famille et entre amis. J'ai beaucoup appris sur le trail de montagne et sur des épreuves longues. Place à la récupération.
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mercredi 1 mai 2019

Trail du Roc de la Lune - Ultra Pas du Diable - 130km 6500d+

Un mot me vient fréquemment à l’esprit en repensant à ce trail : intense. Physiquement bien sûr mais également du fait de l’immersion quasi complète dans la nature pendant 28h et des relations humaines simples et souvent fortes. Pour la première fois j’ai été impressionné de l’attention des uns pour les autres parfois par un simple « ça va ? » ou encore par un trailer qui fait une petite chute devant nous et les trailers qui le suivaient ne sont repartis qu’une fois sûr que tout allait bien. J’ai aussi vu un trailer que je suivais s’écarter brusquement, s’asseoir. Gros coup de fatigue, je lui ai proposé un truc sucré à manger mais il en avait sur lui et m’a rassuré. Une petite heure plus tard il me rattrapait et avait retrouvé la forme. Les bénévoles étaient tous très sympathiques, aux petits soins et attentifs aux défaillances des coureurs.
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Après deux semaines de repos progressif j’ai vraiment envie d’en découdre. Le plan d’entraînement s’est étalé sur 11 semaines. Il a démarré au lendemain du Maxicross de Bouffémont et comprenait l’écotrail 80 le 16 mars. Le kilométrage s’est progressivement accru au fil des semaines – 71;99;90;96;107;65;110;91;79;52;10km - en essayant de respecter 3 semaines de progressivité et une semaine plus cool. Cela fait donc 872 km sans compter le trail final. Je n’avais jamais encore autant couru en trois mois et je n’aurais pu en faire plus sans risque de blessure. Je traîne d’ailleurs des petites douleurs à l’arrière et sur le côté de la cuisse droite depuis trois semaines qui ne m’empêche pas de m’entraîner mais plutôt de courir vite ou de fractionner. Je me demande en tout cas comment finir un ultra si cela empire au fil des kilomètres.
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Mercredi 24 avril nous partons pour passer une semaine en famille dans un mobil-home du camping de Saint Jean du Bruel. La journée de jeudi sera consacrée à découvrir les environs et je reste au repos vendredi pendant que toute la famille part en rando autour du village. Dans l’après-midi je cherche le dossard et laisse un sac que je retrouverai à la base-vie de Dourbies au 59ème kilomètre. Il a plu toute la journée de jeudi des trombes d’eau et même si la pluie devrait s’arrêter pour samedi on nous prévient de faire attention au terrain glissant.
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Retour au camping pour un dernier repas. Plus possible de s’endormir même si je reste assez calme. Les douleurs de la cuisse ne sont pas parties malgré le repos de la dernière semaine et je me donne trente pour cent de chance d’aller au bout. Donc pas de stress, si ça ne va pas j’arrêterai. Mais l’envie et la motivation sont là !
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Départ vendredi 26 avril à minuit : Sophie m’amène au départ au centre du village. L’ambiance, d’abord très très calme, s’électrise tout à coup quand les deux speakers, aidés par quelques sons énergisants, nous réveillent et nous sortent de notre torpeur. Le briefing, très court, nous rappelle les pluies de la veille et que « ça ruisselle ». Ce sera le deuxième mot important du trail car, en effet, ça va ruisseler de partout…

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11h57, le départ est enfin donné et la colonne s’ébranle tranquillement. Chacun essaie de trouver son rythme le plus économe car très vite la première montée arrive. Puis une agréable descente sur un single en forêt bien raide par moment. Je me fais souvent dépasser par des coureurs plus rapides qu’il ne faut surtout pas essayer de suivre sous peine d’écourter précipitamment sa journée. Une petite bruine est présente et nous accompagnera sur toute la première moitié du trail. Elle ne s’interrompra qu’à de rares instants. Après 19km le premier ravitaillement solide arrive. La salle du foyer rural de Trèves est pleine.

Km 19, Trèves – 3h13, 117ème sur 258 :

Ayant rencontré de gros problèmes d’alimentation sur mes derniers trails j’ai changé pas mal de choses. Je ne mange que du salé sur les points de ravitaillement et je transporte le sucré, gels, boissons et barres énergisantes. Je transporte également 8 petites pommes de terre cuites à l’eau. Pour les barres je ne prends plus que de petites barres de pâtes d’amande. J’ai également des nouveaux gels que je n’ai encore jamais testé, chose qu’il est vivement déconseillé de faire en course ! Je ne reste que quelques minutes dans la salle, la température extérieure est fraîche, environ 5°C, et il ne faut pas trop s’attarder sous peine de repartir difficilement. Je n’ai pas trop de souvenirs du 2ème et dernier tronçon couru intégralement de nuit. 12Km nous amènent à Le Roquet après avoir passé une passerelle. Le ravitaillement est uniquement composé de bouteilles d’eau posé sur le sol : « Do it yourself ! » comme l’a dit Emir le lapin-runner lors de l’édition 2018.

Km 31, Le Roquet :

le tronçon suivant est beaucoup plus intéressant. D’abord parce que le jour se lève et c’est toujours un moment agréable. On commence à distinguer une clarté au-dessus de la cime des arbres puis elle augmente très progressivement. En l’espace de 45’ le jour est présent. Nous arrivons ensuite, au beau milieu d’une bonne montée, à la grotte de Saint Firmin. Il s’agit d’une succession de petites salles étagées que nous atteignons à l’aide de cordes, d’échelles et de nos mains. Quatre bénévoles surveillent le passage, merci à eux. On continue de monter, ça monte beaucoup ! Après un passage longeant une rivière nommée ‘Le bonheur » nous arrivons à l’entrée majestueuse de l’abîme de Bramabiau. Explorée pour la première fois en 1888 par Émile A. Martel, il s’agit d’un passage sous terre immense d’environ 100m de hauteur, de 800m de longueur et 330m de d+. Des projecteurs nous permettent d’admirer la voûte et les murs. Des passerelles enjambent plusieurs fois une rivière en furie et assourdissante. L’eau ruisselle de partout, on se sent tout petit visiteur d’un monde liquide et minéral en parfaite symbiose. Le sol est aménagé et la traversée est plutôt rapide même si nous ralentissons un peu pour profiter du spectacle. La sortie se fait par une petite porte métallique puis il ne reste d’un ou deux kilomètres avant d’arriver au second ravitaillement solide.

Km 42, Camprieu – 7h21 - 104/258 :

7h30 de course pour une première barrière horaire fixée à 8h00. Cette barrière, comme la suivante, faisait peur à beaucoup et certains, hélas, ne la passeront pas. Peu de souvenirs me restent de cet arrêt hormis un solide repas, soupe+coquillettes+gruyère rappé, chips, saucisson sec, morceaux de fromage. Bref c’est un gros petit-déjeuner. Et ça repart pour un long tronçon de 17km sans ravito mais un bon 1100m de d+. Ça grimpe, ça descend, ça regrimpe. Après un début de course difficile, la forme est là et le rythme est bon. Nous sommes 4 ou 5 à courir proche les uns des autres, à se dépasser, à s’éloigner, à se retrouver. C’est ici qu’un trailer aura un gros coup de barre devant moi mais me rattrapera après une petite pause. J’ai le souvenir d’un horizon bouché par le brouillard et la bruine mais se dégageant tout à coup devant un large cirque parcouru par trois rivières ponctuées de cascades. Le panorama est sublime. Nous sommes loin des routes au milieu de nulle part dans une nature sauvage et préservée. Je crois que c’est sur ce tronçon que je prends un des nouveaux gels et là délicieux moment, c’est excellent ! Je regarde l’étiquette : mangue-passion. Je n’ai jamais avalé un truc aussi bon en course. L’alimentation se passe bien jusqu’à présent entre le salé aux ravitaillements et un gel ou une barre toutes les 1h15 environ. J’ai aussi deux flasques, une d’eau plate et l’autre avec de l’hydrixir que j’utilise peu. J’ai par contre des douleurs aux pieds avec mes nouvelles chaussures de trail alors que je pensais les avoir suffisamment cassées. Le dessus du pied droit est de plus en plus douloureux et le bord de la chaussure droite tape dans la malléole extérieure dans les descentes. Je sens aussi que deux ampoules se sont formées sur le côté intérieur des deux talons. Le parcours longe les gorges de la Dourbies dans la vallée du même nom. Nous ne pourrons passer le saut de la chèvre cette année du fait d’un trop-plein d’eau. Qu’a cela ne tienne ce passage est remplacé par quelques montées escarpées en bord de rivière. La base-vie de Dourbies est proche, première petite victoire que celle d’arriver au 59ème kilomètre en forme sans trop de douleur dans la cuisse.

Km 59, Dourbies – 10h54 - 104/258 :

11h00 de course, la barrière horaire de 12h00 est passée, ouf ! Je récupère mon sac laissé la veille et je rentre dans une grande salle des fêtes bondée. Nous retrouvons ici les coureurs du 85km, et les familles sont autorisées à assister leurs champions. J’ai beaucoup de mal à trouver une chaise libre, j’en vois parfois 3 ou 4 occupées par la ou le conjoint et les enfants. J’hésite à demander une place à un de ces groupes quand je trouve enfin une chaise libre. Je me change intégralement tout en mangeant quatre ou cinq petites pommes de terre. Je change de chaussettes et chaussures avec un grand soulagement après avoir remis de la vaseline sur les pieds. J’ai bien deux ampoules mais elles ne s’ouvriront pas car la peau est trop épaisse à cet endroit. Je recharge le sac de gels, barres, eau. Je laisse la veste chaude que je n’ai pas utilisée et dont je n’aurai sûrement plus besoin. Je me mets en short pour l’après-midi et je remplace la veste dans le sac par un collant long pour la nuit prochaine avec un bonnet sec. Pour le haut je continue avec la combinaison qui marchera pendant toute la course : un t-shirt manche longue + un t-shirt manche courte + la veste étanche coupe-vent. Je n’ai jamais eu froid pendant 28h hormis aux mains quand il s’est mis à pleuvoir mais je m’y suis habitué car jusqu’à présent je n’ai pas trouvé la paire de gants idéale, étanche et respirante. Je change les piles de la frontale, j’essaie de consulter mon téléphone portable mais je ne capte quasiment rien. J’envoie un ou deux sms qui passeront peut-être plus tard dans l’après-midi. Pâtes+gruyère, chips, tucs, fromage, saucisson et après 30 minutes d’arrêt je repars. Je ne me suis jamais arrêté aussi longtemps à un ravitaillement mais il s’agit aussi de ma première base-vie. Il est important de savoir quoi y faire et pour cela j’avais noté la liste sur une feuille pour ne rien oublier. Je repars seul de Dourbies alors que la salle est toujours aussi pleine, j’apprendrai plus tard qu’un grand nombre de coureurs abandonneront à ce stade du trail. On part alors pour un tronçon de 30km et 2700m de d+ ponctué de trois ravitaillements uniquement liquides. C’est un gros morceau mais je me sens en grande forme, surtout en montée et après une première heure difficile car obligé de monter et digérer simultanément le repas de Dourbies, je pense avoir connu la meilleure période de mon trail. Nous parcourons de grandes forêts de sapins, traversons des rivières difficiles à passer à pied secs. Je rejoins un trailer qui me dit être dans le dur car il a du mal à s’alimenter. On discute un peu, je luis parle de mes pommes de terre. La forme lui reviendra un peu plus tard. Il a fait la diagonale des fous l’an dernier mais s’est fait arrêter au bout de 130km à une barrière horaire du côté de Mafate, dur dur ! Après 900m de d+ nous arrivons au premier ravito liquide dans une bergerie.

Km 68, Les Laupies :

Un couple nous accueille avec de la musique et voyant la facilité de remplir mes flasques me dit que ça pourrait être bien pour la chasse, … mais plutôt dans une autre couleur ! S’ensuit une bonne montée de 1050m de d+ avant d’arriver au second ravito liquide tenu par deux jeunes assis au fond d’un utilitaire légèrement frigorifiés en train de se restaurer. Km 74, Lac de Pise : Même scénario à chaque arrêt de ce type : je rempli les deux flasques puis je bois un ou deux verres de St Yorre, je remercie chaleureusement tous les bénévoles pour leur patience et leur gentillesse et ça repart. Après un petit km nous arrivons au lac de Pise, un immense lac en altitude dont les bords sont dénués d’arbres. C’est un lieu de pâturage et comme on voit loin j’aperçois pas mal de trailers devant et derrière moi. Moi qui me croyais presque seul à ce stade de la course… Après le lac débute une très longue et raide descente de 1262 de d-. C’est le moment d’avoir des cuisses solides mais je laisserai pas mal d’énergie dans ces pentes bien raides et glissantes. C’est aussi ici que la bruine qui s’était un peu arrêté se transforme en pluie pas trop forte mais qui n’arrangera rien au sol incertain. Je me souviens de quelques belles figures de rattrapage d’équilibre sur boue mais heureusement pas de chute. Dernier ravitaillement liquide au Cambon.

Km 84, Le Cambon :

Un bénévole nous accueille seul avec une table remplie de bonbonnes d’eau et annonce à un trailer dépité de ne pas encore être à Aumessas qu’il reste 5,5km. 5,5km ce n’est rien habituellement mais sous la pluie avec 495m de d+ puis 500m de d- et le corps qui commence à en avoir assez des gels et autres barres sucrés, c’est une autre histoire. Je finis mes deux dernières patates et en avant. La cote est raide mais j’ai un bon rythme en montée avec les bâtons tout neuf que j’utilise pour la première fois en trail. Cela apporte bien une aide, surtout en montée, et je comprends les trailers qui me félicitaient sur mes courses précédentes sans bâton. A partir de là chaque sommet sera balayé par des vents de 50 à 60 km/h que nous sentons bien. Les kway claquent dans le vent, par moment on est un peu déstabilisé mais ce n’est jamais dangereux. La descente est vraiment difficile avec de nombreux passages « droit dans le pentu » sur de la terre, des pierres et ardoises glissantes. Même les petits pas ne permettent pas de passer par endroit. Il faut s’accrocher aux arbres ou sortir un peu du sentier dans les broussailles sur les côtés. La pente s’adoucit enfin, Aumessas n’est pas loin, une personne me dit 200m. J’ai bien fait de ne pas l’écouter car il reste bien 800m ! Il ne faut jamais jamais écouter ce que les gens, toujours bien intentionnés, disent aux coureurs sur les bords du chemin au risque de déchanter très vite.

Km 89 ; Aumessas – 18h38 - 97/258 :

Au départ je ne pensais pas arriver aussi loin ou plutôt je pensais que ce serait très bien d’y arriver et qu’un abandon ici serait presque compréhensible. Mais là pas question de s’arrêter. Un bon repas complet avec le triptyque classique et, petite nouveauté, un thé brûlant. Petite expérience : je n’ai plus bu de thé ni de café depuis un mois afin de voir leur effet en fin de trail. L’effet du thé ne sera pas transcendant mais je n’ai pas encore rencontré de coup de fatigue. Les bénévoles sont toujours aussi sympathiques, on demande, la commande est passée par la fenêtre de la salle des fêtes et 30 secondes plus tard on est servi comme des rois. J’en profite pour préparer la nuit en enfilant le collant long, je troque la casquette pour le bonnet et je vide mes poches des déchets accumulés. Et on passe la barrière horaire fixée à 20h00, il est alors 18h40. Cette barrière est aussi le départ d’un chronométrage de la montée du Saint Guiral suivi de sa descente. Mais qui peut bien jouer le chrono à ce stade de la course ?! Cette montée fait un peu peur à ce stade de l’épreuve : 7km de montée pour 831m de d+ suivi par une descente de 5km. Je rejoins rapidement un trailer que je côtoie souvent, c’est une fusée en descente quand je le reprends dans chaque cote. L’entraînement « hamster sur l’allée des Belles-vues » est validé ! Petit calcul au début de la cote : nous cheminons à un peu moins de 5km/h, il reste 40km jusqu’à l’arrivée, il nous reste entre 8 et 9h de course si tout va bien car la fatigue va bien finir par arriver… Nous ne sommes qu’au 2/3 de la course en temps, cela me donne un instant le vertige, vais-je y arriver… ?
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Finalement la montée n’est pas si dure car les portions raides sont entrecoupées de portions plus roulantes qui permettent de souffler un peu. J’ai enlevé la veste au bas de la cote pour ne pas trop transpirer et arriver trempé au sommet. La nuit arrive et la température va baisser. Je remets la veste un peu avant le sommet car le vent frais augmente. La descente sera difficile, raide et mes cuisses ne veulent plus trop encaisser les chocs. Je ne peux donc plus courir en descente et quasiment plus sur le plat. La marche rapide fonctionne toujours très bien quel que soit l’inclinaison du terrain, qu’à cela ne tienne, marchons ! Enfin je marche car pas mal de trailers arrivent encore à courir ou trottiner en alternant avec de la marche. Je perdrais pas mal de temps du fait de ne quasiment plus courir sur les 30 derniers kilomètres. La nuit tombe pendant la descente, je mets ma frontale avant de démarrer, droit dans le pentu, une portion très technique. La végétation, très basse, cache le sentier et les cailloux comme en Irlande dans les Wicklows. Les chevilles souffrent. J’arrive enfin au ravito liquide du Villaret.

Km – Le Villaret – 21h37 – 97/258 :

Il est installé à l’étage d’un bâtiment de ferme tout en pierre. On monte d’un côté par deux échelles et on repart sur le plat de l’autre côté. Je rencontre un trailer très sympa avec qui je vais discuter un bon moment quelques kilomètres plus tard. L’arrêt est rapide, le temps de refaire le plein d’eau et on attaque une montée de 589m de d+ avant une bonne descente jusqu’à Alzon. Au ravito on nous annonce une montée de 20 minutes, facile ! Elle fera bien le double dans la vraie vie. Ne jamais rien écouter… La succession de côtes bien larges ne présente aucune difficulté technique mais c’est le vent qui va nous bousculer un peu. Il souffle à environ 60km/h, il est assourdissant et vient du Nord-Ouest c’est à dire de notre droite. Heureusement qu’il n’est pas de face car plusieurs fois je sors de ma trace sous l’effet d’une rafale un peu plus forte. Après une bonne descente nous arrivons à Alzon.

Km 106,5, Alzon – 23h07 - 98/258 :

Une grande salle des fêtes bien chauffée nous accueille avec les applaudissements. Une quinzaine de bénévoles applaudissent chaque arrivant soit environ toutes les 5-7 minutes. Chapeau ! Il fait si chaud que j’enlève aussitôt ma veste et mon bonnet et misère, la frontale vole et tombe par terre. Je la ramasse, essaie de l’allumer, ça ne marche pas. Je décide de m’en occuper plus tard et de commencer par me restaurer. Le triptyque, quelques chips, carrés de formage et rondelles de saucisson sont vite avalés. Les flasques sont remplies et je m’attaque à ma frontale. J’ai déjà eu quelques soucis de ce type en rentrant de la sortie du mercredi soir avec Danijel, Eric et Thomas. J’oublie la frontale en enlevant le bonnet et paf. Il s’agit en général d’un faux contact avec une des 3 piles. J’essaie de changer les piles, de bricoler un peu sans y arriver. Je demande à un bénévole un couteau qu’il me tend et je tire trop sur un des contacts qui sort de trop. Je n’arrive plus à insérer la pile. Je montre la catastrophe au bénévole qui prend la frontale et sort une petite pince. Il sert le tout mais ça ne marche toujours pas. La galère se profile … A ma droite un trailer dit assez sèchement et dépité à un bénévole « j’arrête ». Le bénévole ne comprend pas sur le coup et un autre bénévole lui explique qu’il abandonne. Il n’en peut plus, le vent est trop fort sur les sommets. Comme sa décision est apparemment irrévocable je lui explique mon problème et lui demande s’il peut me prêter sa frontale ce qu’il accepte aussitôt. Et miracle le premier bénévole qui bricolait toujours avec ma lampe arrive à la rallumer. Ce n’est pas grand-chose quand on y pense mais c’était un très grand soulagement sur le coup. Je remercie tout le monde et me dépêche de partir avec un trailer que je croise depuis quelques heures. Nous discutons ferme et j’apprends qu’il a déjà une dizaine d’ultra à son actif dont l’Euskal trail, le grand raid du Morbihan entre autres. Puis la pente se raidit et je retrouve un bon rythme dans la montée. Le terrain n’est pas trop technique et devient vallonné. Le coureur me rattrape car lui cours encore sur le plat et me distance rapidement. Je serais alors seul pour un bon moment dans la forêt sombre et le vent qui souffle toujours aussi fort. J’adore les bruits et la puissance de la nature, le grincement de deux troncs d’arbres l’un sur l’autre, des bruits de souffle du vent improbables. Je devine parfois au loin le faisceau d’une lampe d’un coureur devant ou derrière moi. Mais petit à petit la fatigue arrive. Deux signes me préviennent, mon pied droit bute lourdement contre une pierre et la vibration remonte progressivement dans tout mon corps. Je n’avais jamais rien resenti de tel auparavant. Quelques minutes plus tard une cheville tourne brusquement et j’évite l’entorse de peu. Je ralenti un peu dans l’attente du ravito de Sauclières dans quelques kilomètres. Je m’arrête un moment pour souffler 30 secondes et regarder l’heure sur mon téléphone. Ma montre ne marche plus, sa batterie est vide depuis 7 ou 8 kilomètres. En arrivant à Sauclière deux trailers arrivent face à moi mais de l’autre côté de la rubalise. Ils repartent donc pour le dernier tronçon et me disent qu’en prenant à droite j’arriverai directement au ravitaillement alors qu’en suivant le balisage tout droit je vais faire le tour du village. Je les remercie et avance un peu, ils s’éloignent et ne se retournent pas, j’en profite pour filer tout droit et suivre le parcours normal. Ils m’ont dit ça de bon cœur mais je ne peux pas couper la trace comme ça. Et effectivement je vais mettre 10 minutes à faire le tour complet de Sauclières. A deux heures du mat, j’en avait rêvé !

Km 117, Sauclières – 25h50 - 96/258 :

Au ravitaillement je vois à la tête que fait une bénévole que la mienne ne doit pas être très fraîche. Je demande aussitôt un café, rempli mes flasques et grignote un peu de tout. Sauf de la saucisse de sanglier, en fin de trail je n’ose pas mais elle a l’air bien bonne. Je mets quelques minutes à boire le café brûlant et je repars, moi aussi, pour le dernier tronçon de 12km jusqu’à … l’arrivée. Les bénévoles m’ont dit qu’on allait d’abord bien monter puis avoir un peu de tout avant de redescendre vers Saint Jean du Bruel mais qu’on aurait un dernier « coup de cul » avant l’arrivée finale. Beau programme et effectivement on va être gâté jusqu’au bout. La cote est d’abord bien rude avec un droit dans le pentu redoutable. Deux trailers me dépassent sur un faux-plat après la cote. Ils courent et je ne peux les suivre. Mais le café à fait son effet et je retrouve un bon rythme de marche. Le terrain est très technique, les pentes sont courtes mais raides, on passe dans des zones pleines de branches de sapin coupées et d’ornières. Et ça monte… Par moment je vois l’éclat d'une frontale au loin derrière moi. Je le distance dans les montées mais il gagne sur moi dans les descentes sur lesquelles il doit courir. A ce stade de la course je n’ai plus envie de me faire dépasser. La descente commence et je sens qu’il se rapproche progressivement. Mais j’ai en tête le coup de cul final… Le trailer finit par me rattraper au moment où j’arrive à un ravito nouvellement installé cette année car l’organisation a dû modifier le parcours une semaine auparavant et ajouter 3,5km au dernier tronçon. Je bois deux verres de St Yorre et m’enfuie. Mon trailer me suit aussitôt, bon on va s’amuser. Nous courrons maintenant ensemble et rattrapons assez vite 5 trailers que je n’avais plus vu depuis la descente du Saint Guiral. Nous passons rapidement devant eux et ils ne suivent pas. Nous pressons le pas et rattrapons un autre trailer avec qui j’avais discuté après Alzon. Le coup de cul arrive, je prends un bon rythme et les deux trailers ne suivant pas non plus. La montée suffit pour qu’on ne voit plus nos frontales respectives et je bascule dans la descente finale. Je cours maintenant, je souhaite en finir rapidement, je n’ai plus mal aux jambes malgré des pentes raides et très techniques. Je vois les lumières de Saint Jean au loin et j’entends la voix du speaker qui accueille les arrivées. Je dépasse un trailer au ralenti et j’arrive à Saint Jean. Mais on doit d’abord en faire le tour en passant dans la Dourbie, la rivière glacée de la vallée du même nom. Je cours toujours et je rentre dans les premières ruelles. Quelques spectateurs applaudissent et m’indiquent le chemin du stade. Je dépasse encore un trailer de la course du 85km et je passe enfin la ligne en 28h41 – 95/147, 111 abandons. Après un bon repas et une bière il me restera un kilomètre de marche pour rejoindre le camping. Le portable ne capte rien et je ne peux donc appeler Sophie pour me chercher. Douche, 2 heures de dodo et petit-déjeuner avant d’aller au centre de Saint Jean pour recevoir la veste de finisher lors de la remise des prix.
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lundi 18 mars 2019

Ecotrail Paris 2019 – 80km d+1400m

16 mars, départ à 9h30 de Noisy-Champs en RER pour le départ de l'Ecotrail à Saint Quentin en Yvelines après une brève escale à la Défense. Court instant qui me permettra d'avaler un petit plat de pâtes et une pomme à deux heures du départ.
A Saint Quentin la navette arrive assez rapidement pour nous emmener en quelques minutes sur le lieu du départ. Je vise aussitôt une table de pique-nique un peu à l’écart qui n’est occupé que par un trailer. Tout en me préparant je commence à discuter avec Jérôme qui de fil en aiguille m’annonce qu’il a fait l’ultra Pas du Diable en 2018 et qu’il remet ça cette année. Comme il s’agira de mon premier ultra fin avril je lui pose pas mal de questions et j’apprends beaucoup. Presque prêt pour partir je me demande ou mettre le brassard réfléchissant et le contenant pour les déchets. Deux trucs dont je ne me sers jamais mais obligatoires. Quand à l’éco-tasse, j’ai fait l’impasse car les flasques suffisent. Je dépose le sac dans le camion et vais me placer dans le sas à 20m environ de la ligne. Il reste un petit quart d’heure à attendre. Et qui sort enfin 5 minutes avant le coup de sifflet : le soleil ! Je range ma veste de pluie dans mon sac. On est prêt.
IMG-20190316-WA0015.jpeg Le départ est tranquille, on fait attention aux premiers hectomètres chaotiques et dangereux pour les chevilles puis j’adopte un rythme de 5’30 au kilo. C’est peut-être un peu rapide mais je suis à l’aise et je me fais dépasser par un nombre incroyable de trailers. Ça ne m’inquiète plus, au contraire, je les reverrai dans 15 ou 20 km. Je dépasse une puis deux joëlettes puis un trailer non voyant et son guide. C’est intéressant d’entendre les paroles du guide anticipant les obstacles, le type de terrain, les changements de direction. Bravo !

14:22 Buc - Château du Haut-Buc 10,65 km/h class. 621 temps de course : 02:08

Le premier ravito de Buc, plein comme un œuf, apparaît avec un changement de lieu puisque qu’on se désaltère devant une belle demeure en lieu et place de l’école. Deux minutes pour remplir la flasque de 500ml que j’ai vidé sur la première portion, attraper une figue et un bout de banane avant de repartir le plus vite possible. J’ai déjà pris précédemment une barre de pâtes d’amande. Après Buc nous partons pour 24km de petites montées et descentes. Je rencontre mon premier et dernier problème de la course. Kilomètre 38, après avoir mangé un tiers d’une barre énergétique je sens des problèmes gastriques. La pause s’impose. Heureusement on est au milieu de la forêt et que j’ai pensé à prendre deux mouchoirs. S’ensuit un passage à vide qui durera 8 km. Les douleurs au ventre sont parties mais l’énergie également. Je pense avoir perdu environ 30 minutes entre cette pause forcée et le km 46 du deuxième ravito de Meudon. Alors je m’occupe comme je peux le temps que la forme revienne : dans une grande allée j’ai littéralement ramassé un petit bonhomme de 3/4 ans à quatre pattes dans la seule flaque d’eau boueuse du coin et sa draisienne couchée également dans l’eau. Ses mains sont très sales. N’ayant rien pour les nettoyer, je lui propose de retrouver ses parents, que je ne vois pas parmi les promeneurs, afin de se faire aider. Il commence à partir sans son vélo que je lui tends. Impossible de le lui faire prendre, je pense qu’il ne voulais pas salir les poignées ! Normal. Je finis par voir une maman au loin pas pressée du tout. Je dis au-revoir à mon grand garçon, il me reste un petit 34km sur le feu quand même ! Quelques kilomètre plus tard une petite fille courant dans une descente tombe quelques mètres sur ma gauche. Elle ne pleure pas, pas de bobo mais, même si je le leur demande gentiment, les deux grands frère et sœur juste derrière elle ne semblent pas vraiment emballés à l’idée de l’aider à se relever.

17:30 Château st Philippe à Meudon 7,82 km/h class.568 temps de course : 05:15

Enfin Meudon avec un ravitaillement uniquement composé d’eau. Je bois presque un litre et je repars doucement. Je profite de cette méforme pour appeler Sophie et prendre quelques photos tout en marchant quelques centaines de mètres. J’apprends que Julie a réussi sa première compétition de VTT de l’année en finissant 2ème. Je vois sur le livetrail que Raphaël a fini le 45km avec un beau temps de 4h51. Danijel ne devrait pas tarder. C'est en tout cas la première fois que j'allume le téléphone en course et que les conditions météo le permettent.
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Et tout à coup ça finit par repartir. Le tronçon jusqu’à Chaville est agréable. Les allées boueuses de 2018 font place à des sentiers quasiment secs et rapidement avalés. J’ai du mal à reconnaître les descentes ultra-glissantes de l’an passé.

18:49 Chaville - Parc Mare Adam 7,66 km/h class.542 temps de course : 06:35

Chaville arrive vite car des modifications de parcours ont ajouté un km avant Meudon et l’ont donc retranché avant Chaville. Je vide une flasque cul-sec ainsi qu’une soupe plus lentement tout en prenant un gel énergétique. Je n’arrive plus à manger de barre énergétique depuis quelques trails, c’est un grand mystère pour moi. Je compense donc par de l’hydrixir dans une des flasques et des gels. Un petit vent frais arrive, le soleil est de plus en plus bas, la nuit va bientôt tomber. Je m’abrite dans une tente le temps de finir mon bol et c’est reparti. Il reste environ 23km mais après Chaville la course change : on commence à penser à la fin. Le plus dur est fait et il fait encore jour. L’année dernière j’avais sorti la frontale avant Chaville. J’ai environ 40 minutes d’avance sur mon temps précédent, c’est bon pour le moral. Je connais bien les sentiers car je les parcours pour la quatrième fois, deux fois sur le 30km en 2014 et 2015 et une fois sur le 80 en 2018. Le plus dur est maintenant d’enchaîner de longues séquences de course à pied, sans dénivelé pour marcher et souffler un peu. En traversant une route, je me fais enguirlander par deux « gentilles » bénévoles alors qu’un camion de la sécurité civile s’est arrêté pour justement me laisser passer. Oui je ne suis pas prioritaire mais le camion s’est arrêté... Bref j’ai tort, je fuis la civilisation pour retourner au plus vite dans ma forêt. Je finis par mettre la lampe mais ne l’allume pas. Les chemins sont larges sans trop d’obstacle. J’aime courir de nuit avec une faible luminosité. L’organisation a très bien balisé le parcours cette année avec de nouvelles balises rouges et en partie réfléchissantes à partir de Meudon. L’entrée du parc de Saint Cloud s’enchaîne bien, on court souvent à deux ou trois jusqu’à ce que l’un de nous lève le pied et ne se fasse distancer un moment puis rattrape le petit groupe. Avec plaisir nous arrivons devant la montée du ravitaillement de Saint Cloud. Dans cette montée un accompagnateur à vélo nous dit tout le mal qu’il pense de cette course trop plate, trop longue, trop… Bref je lui dit gentiment d’éviter de nous démoraliser avant d’arriver sur les quais.

20:20 Domaine National St-Cloud 7,94 km/h class.458 temps de course : 08:05

500 ml d’eau au ravitaillement, c’est le tarif aujourd’hui pour bien s’hydrater suivi d’un dernier gel et ça repart. Les 11 derniers kilomètres se feront en 3 ou 4 portions courues entrecoupées de marche rapide. J’ai perdu 14 places sur ces quais de Seine monotones quoique plus agréables esthétiquement depuis la fin des travaux. On enchaîne la remontée sur les quais puis l’île aux Cygnes, le passage sur le pont Bir-Hakeim sous la voie du métro 6 et la redescente en bord de Seine avant le dernier escalier du quai Branly. On retrouve un dernier souffle pour accélérer, contourner la dame de Fer par la droite et passer l’arrivée devant le pilier Sud de la tour Eiffel.

21:37 Arrivée Parvis Tour Eiffel 14,25 km/h class. scratch : 472 class. V1H : 183 temps de course : 09:23:08

La montée jusqu’au 1er étage ne fait plus partie du chrono pour des raisons de sécurité, aussi il me faut 5/6 minutes pour effectuer cette ascension avalée en 3 minutes en 2018. La pression est retombée et le corps ne veut plus faire grand chose. J’ai le sentiment d’être plus fatigué que l’année passée, sûrement à cause d’une meilleure allure et donc un temps bien inférieur de 9h23 pour 10h34 en 2018. L’année dernière nous avions aussi eu très froid du 30ème kilomètre à la fin. Cette année le vent frais m’a surpris au bas de la tour jusqu’au 1er étage et j’ai fini par mettre ma veste, un peu tard, pour la 1ère fois de la course. L’arrivée au 1er étage est sans conteste un très bon moment de par le lieu unique associé à la fin d’une longue course récompensée par une jolie médaille, en bois, et le t-shirt finisher, aux couleurs de l’ONF cette année, et une bière forcément bonne tout comme l’ambiance.
IMG-20190316-WA0037.jpeg L’écotrail est une belle course populaire, bien organisée, avec un respect de l’environnement qui fonctionne malgré le nombre important de trailers. Je me tourne maintenant vers mon prochain trail, l’ultra Pas du Diable à Saint Jean du Bruel dans l’Aveyron, 126km et 7000m de d+. C’est un objectif très ambitieux, je ne suis pas sûr de le finir mais c’est certainement ce que l’on recherche en se lançant ce type de défi.

Epreuves 2019

  • 4 janvier : Marathon de Paris off – Dodéfondo 12 Càp 42,8km 03:31:36 d+316 42.2 en 3h28’59 - 1er semi : 1h40'30  - 2ème semi : 1h48'29
  • 12 janvier : La frontale trail 21,5km 01:46:18 d+267 scratch 18/209 V1M 8/68
  • 20 janvier : Trail du Château de Pierrefonds trail 26km 02:20:13 d+608  Scratch 136/1320 V1M 51/419
  • 10 février : Maxicross de Bouffemont – Dodé 13 trail 42,9km 06:05:47 d+1780 scratch 591/791 M1H 220/302 grippe (perdu env.1h10), fatigué, boue, puie, grêle, vent, environ 8°
  • 3 mars : Course verte des 3 pignons Noisy sur École trail 20,4km 01:35:01 d+233 4’44/km Scratch 98/739 V1 37/175 Encore des pb de ventilation suite à la grippe
  • 16 mars : Ecotrail Paris trail 80km 09:23:08 d+1400 Scratch 472/1976 V1H 184/703 météo idéale t° entre 10 et 14°, très peu de boue
  • 27 avril : Ultra trail du Pas du Diable 134,6km 28h41' d+6500Scratch 95/147 V1M 43/66
  • 16 juin : Trail du Mont d’Or : 53km 07h29'40 d+2703scratch 7h29 89/199 242 partant M1H 26/67 temp. Entre 10 et 18°. Brouillard puis nuages puis soleil.
  • Cross triathlon de GREZ  sur LOING : 0,5/15/5  01h10'53d+90 scratch 21/120 VH1 13/35

  • 19 juillet : Andorra ultra trail – MITIC : 118km40h13 d+8800  scratch 190/229 arrivés, 396 partants, 167 abandons V1H 75/88 61 abandons de V1H
  • Fontainebleau Impérial Trail
  • ???

lundi 4 mars 2019

Dodéfondo

Début du dodéfondo en février 2018, fin en janvier 2019 : http://www.fartleck.com/dodefondo/

  1. Février => Trail des villes Royales 52/883 D+
  2. Mars => Ecotrail 80/1488 D+
  3. Avril => Marathon d’Azay le Rideau 42,3/194 D+
  4. Mai => Cergy le Haut – Cayeux sur Mer 236/1734 D+
  5. Juin => Trail d’Ecouves et du Pays d’Alençon 61,1/1747 D+
  6. Juillet => Trail des 3 Pics – Arbas – 63,2km/4496D+
  7. Août => Marathon du Montcalm – 42,2/2700 D+
  8. Septembre => Trail impérial de Fontainebleau – 55/1100
  9. Octobre => Irish Wicklows trail – 56,7/2029
  10. Novembre => GR2024 – 50/400 D+
  11. Décembre => Saintélyon – 81/2500
  12. Janvier => Marathon de Paris off – 42,8/316 D+

vendredi 1 mars 2019

Epreuves 2018

  • 21 janvier : La Sagittaire trail 21,7km 1h59’09’’ scratch 129/324 V1M 49/106
  • 3 février : Issy Urban Trail trail 29km 2h51’55’’ 5’55/km scratch 115/173 V1M 37/51
  • 18 février : Trail des villes royales – Dodéfondo 1 trail 52km 06:05:47 Scratch 148/288 M1H 64/98 (+20 M1H hors délai)
  • 4 mars : Course verte des 3 pignons Noisy sur École trail 20,4km 1h39’02’’ d+222 Scratch 130/729 V1 55/219 7°C bruine
  • 17 mars : Ecotrail Paris – Dodéfondo 2 trail 80km 10:34:46 d+1500 Scratch 683/1737 V1H 277/666 487 abandons conditions dures neige froid -1° à 1°C et de la boue du 20ème au 70ème kilo.
  • 15 avril : Marathon d’Azay le Rideau – Dodéfondo 3 Càp 42,2km 03:35:40 d+191 1er semi 1h43 2ème semi 1h50 Scratch 48/159 V1M 22/56
  • 19 mai : Cergy le Haut – Cayeux sur Mer - Dodéfondo 4 Cyclo 236km 11:32:00 d+1734 10h03
  • 3 juin : Trail d'Ecouves et du Pays d'Alençon - Dodéfondo 5 trail 61km 07:58:46 d+2100 Scratch 65/166 V1H 36/77
  • 17 juin : Course des Carrières trail 22km 1h56’ scratch 23/186 V1M 10/59
  • 22 juillet : Trail des 3 Pics – Dodéfondo 6 trail 66km 12:18:48 d+4200 scratch 73/124 33 abandons VIM 29/49
  • 18 août : Marathon du Montcalm – Dodéfondo 7 trail 42,5km 06:57:51 d+2580 scratch 130/410 V1M 38/116 14 abandons
  • 2 septembre : Tourn’en Vert trail 19km 1h27 d+71 Scratch 23/111 V1M 8/30
  • 15 septembre : Fontainebleau Impérial Trail – Dodéfondo 8 trail 57km 06:39:08 d+1600 scratch 55/275 V1M 19/113
  • 30 septembre : Foulées gournaysiennes Càp 10km 40’03 scratch 27/200 M1 9/50
  • 21 octobre : Irish trail – Dodéfondo 9 trail 57km 10:00:00 2100 Beau parcours rude. Hors piste, tourbière, broussaille dense. Alti max 850m
  • 10 novembre : GR2024 – Dodéfondo 10 trail 51km 05:08:00 Avec Raphaël, 6’07
  • 1er décembre : Saintélyon – Dodéfondo 11 trail 81km 10:55:46 d+2100 Rude, beaucoup de petites montées et relances, pluie et vent mais pas froid 8°, scratch 1241/5205 V1h 372/1670

Bilan : 17 courses : 14 trails, 1 cyclo, 2 Càp